Mercredi 8 juillet 2009 3 08 /07 /Juil /2009 19:06
En parcourant la presse malienne, nous avons recueilli un article datant du 29 juin 2009. Il est d'autant plus d'actualité qu'il repond parfaitement à ceux qui pensent que les enseignants maliens sont plutôt maximalistes dans la crise qui les oppose au gouvernement. Cet article montre à quel point on dilapide plus d'argent ailleurs que dans le système éducatif malien et ses enseignanats.
Tout à comencer aucours d'une cérémonie commémorant la joournée de l'enfant africain, le premier ministre malien devant des enfants et leurs parents aurait fait un commentaire de la situation scolaire en  décriant le comportemente des enseignants et montrant à quel point le gouvernement aurait trop fait pour ce corps. Ces propos ayant irrité plus d'un, des reponses n'ont pas tardés. On vous propose intégralement celui  de B. Z. Coulibaly tiré de l'Inter de Bamako.

Il est grand temps pour cet homme qui fut de tous les régimes de cesser de confondre son rôle de chef de gouvernement à celui d’un simple policier. La primature n’est pas un commissariat de police ! Oui, il a montré toutes ses limites dans la gestion des affaires courantes de notre pays. Depuis mars 1991, il est le seul  Malien qui n’a jamais enlevé sa casquette de ministre (ministre de la Santé, des Affaires étrangères, Secrétaire du «président» et enfin Premier ministre depuis le 27 septembre 2007).

Après son discours accusateur, dénonciateur et provocateur contre les enseignants le 18 mars 2008, il vient d’étaler sur la place publique ses carences devant les enfants et leurs parents le mardi 16 juin lors de la commémoration  de la Journée de l’Enfant africain. Les enfants ont interpellé le gouvernement malien sur la question scolaire. Ce gouvernement est le seul responsable de la crise scolaire. N’ont-ils pas le droit et le devoir d’interpeller ?

La méthode utilisée est de l’enfantillage ! Comment un Premier ministre se permet-il de  formuler des mensonges devant les enfants ? Ce n’était ni le moment ni le lieu de parler de ses questions scolaires devant les enfants. Un bon cadre malien pétri dans la culture ancestrale malienne n’agirait jamais de la sorte, quelques soient les circonstances. Pourquoi Modibo Sidibé ne prend-il pas part directement aux négociations avec les syndicats d’enseignants ? Est-ce du mépris ? Ou de l’orgueil  personnel qui  transcende sa personnalité ?

Qu’en est- il des négociations avec le ministre de la Fonction publique? Ce dernier a conduit jusque là les négociations avec respect et dans la courtoisie, selon les syndicats d’enseignants sans trompette ni tambour ! Il a régulièrement informé le Premier  ministre, Modibo Sidibé, de ses négociations. Sachez- le, selon les syndicalistes, la dernière rencontre date du mardi 9 juin 2009. Ils ont fléchi ce jour de 80 000 F CFA à 70 000 F CFA et cela contre la volonté de leur base.

Pourquoi le PM dénonce- t- il tant la rétention des notes ? A-t il su ce mardi  seulement que les notes sont retenues ? Où a- t-il retenu les 42 milliards de l’Initiative riz ? Lorsqu’on est en panne d’idées, on se tait. La margarine est au beurre ce qu’est la rétention des notes pour les syndicats maliens. Le gouvernement gère l’année scolaire et non les problèmes de l’école malienne ! Tout ce qui n’est pas interdit par la loi est autorisé et tout ce qui n’est pas autorisé est interdit.

La Loi 87 - 47 du 10 août 1987 n’en fait pas cas. Lorsque les Maliens depuis Azawad ont pris des armes lourdes, enlevé des citoyens en mouvement, enlevé des véhicules (dont celui du ministre de la Santé en 1996 en sa personne), déposé des mines, tué des populations civiles maliennes et retenu des soldats dans le nord Mali…, qui a vu le PM Modibo Sidibé  dénoncer ? Pourquoi s’attaquerait- ils aux enseignants et à leurs méthodes de lutte ? Les autorités n’ont- elles pas négocié avec les rebelles ? Qu ‘est  ce que Modibo a fait pour régler les problèmes de l’école ? Rien qu’en proposant un forum  de plus sur l’école.

Combien ce forum budgétivore a coûté au trésor malien 35 ou 37 milliards ? L’actuel ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, Salikou Sanogo, a lui aussi été un acteur de la rétention des notes à la FAST. Aujourd’hui, il dénonce cette pratique alors qu’hier il le faisait. Voilà que l’organisateur du forum sur l’Education s’est fait piéger par les généraux (ATT et son PM). Le forum a été du bavardage inutile et n’a apporté aucune solution aux problèmes de l’école.

La COSES dit non à la fonction pagaille des collectivités et demande l’intégration de tous les contractuels à la fonction publique de l’Etat. Ces collectivités ne peuvent pas garantir un plan de carrière encore moins la régularité dans le payement des salaires des enseignants. S’agissant de l’indemnité de logement, les accords du 17 juillet avec Ousmane Issoufi Maïga ont été remis en cause par Modibo Sidibé. Où est la continuité de l’Etat ? Quel est l’état actuel des  dépenses inutiles et  des primes et indemnités au Mali ?

Les enfants doivent savoir que le Premier ministre touche 37 millions de F CFA par mois  comme dépenses de souveraineté (jamais octroyées à un chef de gouvernement) et que le président de la République aurait 18 milliards de F CFA dans sa caisse noire  par an ; somme qui correspond à 250 millions par semaine (du lundi au vendredi) et à 50 millions par jour. Oui nos enfants ont le droit de savoir qu’un simple Arrêté a accordé  le 24 avril 2007, une prime de 250 000 F CFA aux gouverneurs de régions et du district de Bamako et 150 000 F CFA aux sous préfets pendant que le P M était lui-même Secrétaire du président ATT.

Ils doivent savoir le contenu du décret signé le 26 juin 2008 accordant des primes mensuelles aux officiers et hommes du rang des forces armées, allant de 80 000 F CFA pour les officiers supérieurs à 10 000 F CFA pour les derniers (dont certains n’ont pas le niveau de la 4ème année fondamentale) appuyé par une lettre confidentielle du PM  Modibo Sidibé datant du 27 juin demandant son application dès le mois de juillet 2008. Il fallait dire aux enfants la teneur du décret n°08- 603 /PRM du 3 octobre 2008 fixant les taux des indemnités et primes accordées au personnel de la présidence de la République (allant de 350 000 F CFA au directeur de cabinet par mois à 15 000 F CFA  aux plantons de la présidence par mois) Quelle injustice ? Combien de préavis de grève ceux-ci ont –ils déposé pour bénéficier de toutes ces primes ?

Aucun, ce sont de jolis citoyens en perpétuel mouvement. !!! Il est temps de dire l’incidence financière de toutes ces primes  supportées par le contribuable malien!!! Maintenant le même gouvernement dirigé par Modibo Sidibé qui a battu le record de longévité en tant que ministre au Mali, en Afrique et dans le monde propose 10 000 F CFA aux cadres A (professeurs) par mois, inférieur à la prime d’un planton de la présidence et 7 000 F CFA aux maîtres du fondamental, un taux inférieur à la prime du jardinier et du boy de Koulouba qui touche 10 000 F CFA par mois. Quelle honte pour ATT et son gouvernement ? Oui les enfants sont aussi préoccupés par la situation de leurs camarades de classe réguliers normalement admis au D.E.F non orientés (soient 14 875) en 2009. Quel désespoir pour ses enfants qui ne sont «l’ami» de personne. Ils ont un besoin de formation et d’éducation. Cessez de mettre les enfants et les parents d’élèves sur le dos des enseignants ! Ces derniers veulent que justice soit rendue et cherchent à améliorer leurs conditions de vie et de travail dans la légalité Sachons raison gardée et cessons de faire amuser la galerie.

Pourquoi le PM policier a t-il attendu 8 jours après pour réagir  aux contre propositions du syndicalistes? Selon des sources bien informées, le ministre Abdoul Wahab Berthé l’a informé  le même jour des contre propositions du syndicat. La déclaration de Wahab, le même jour sur les antennes de l’ORTM, prouve la bonne foi de ce juriste et sa maturité politique.

En conséquence, le silence coupable du PM est le reflet d’un mépris  qu’il a toujours manifesté à l’égard du corps enseignant qui a forgé sa personnalité dans un passé récent. Cet acte prouve que l’école n’a jamais été une priorité pour ATT et son gouvernement, dirigé aujourd'hui par Modibo Sidibé qui se réclame de Tiecoro  Bagayoko et qui disait ceci «Au Mali, un coup de piston vaut mieux que 100 ans d’études.» Il  doit d’ailleurs à ce dernier sa première formation post universitaire.

Le peuple malien doit-il cautionner que de tel homme continue à accélérer  la déconfiture du système éducatif malien ?

Par ces motifs, l’actuel PM «fut effectivement de tous les régimes mais n’en servit aucun.» S’il est incapable d’apporter des solutions aux problèmes de l’école,  il peut rendre sa démission avant qu’il ne soit trop tard. Le Mali mérite mieux que ça ! Les Maliens sont déçus de la gestion actuelle des affaires courantes.

Aujourd’hui, la preuve est établie qu’aucun de se ses enfants ne se trouve dans le système éducatif malien. L’école française «LIBERTE» est devenue un passage obligé pour la progéniture des cadres qui ne vivent pas les réalités maliennes. Avec ou sans diplômes, ils doivent poursuivre les études aux USA ou au Canada. Quelle honte pour les cadres maliens ? Voila la véritable contradiction du système. Il faut tuer l’école publique malienne. Les 2/3 sont déjà vendues aux promoteurs d’école qui sont des «vrais commerçants» à la recherche du gain facile. L’idée selon laquelle «ce sont les enfants des pauvres qui en souffrent» doit être révolue.

En conséquence, le peuple malien doit exiger de tous les cadres l’inscription de leur progéniture dans l’école publique malienne. C’est à ce prix seulement que le système éducatif fonctionnera et les autorités maliennes cesseront leur égoïsme en accordant assez de crédits à l’école et aux enseignants.

La société civile malienne doit cesser de jouer aux sapeurs pompiers, elle doit sans partialité s’impliquer dans la gestion de la crise scolaire. Elle est inféodée au pouvoir et est très laxiste. Elle a été témoin des accords du 17 juillet 2007 remis en cause sur ses barbes blanches par Modibo Sidibé sans protestation. Ces vieux demandent à la COSES la libération des notes, mais qu’exige-t-elle du gouvernement ? Le constat, c’est moins l’attitude des ministres en charge de l’Education qui est en cause que le comportement malveillant et méprisant envers le corps enseignant de ATT et de son Premier ministre qui est en cause.

Les revendications des enseignants ne sont pas au dessus des moyens de l’Etat malien. L’incidence financière évaluée à 37 milliards par le PM en ce qui concerne les primes, réclamées par les enseignants, n’est pas exacte. Dans la mesure où, aucune structure de l’Administration malienne ne saura dire avec certitude le nombre exact des enseignants. Donc, le PM doit revoir ses chiffres erronés.

En mettant ce corps dans les conditions, le peuple malien pourra parier sur la qualité de ses ressources humaines. Le PM doit savoir que l’école est une institution et sa bonne gestion demande des responsables compétents, sincères et patriotes  qui savent la valeur de l’Education pour un pays.

Conjuguons nos efforts pour sauver l’école malienne !!!

Par Scorpion - Publié dans : Monde scolaire
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